L'édito de Jean-François Copé

L'édito de Jean-François CopéPour se réconcilier avec les citoyens, l'Union ne doit pas contourner les parlements nationaux, mais les impliquer davantage.

J'ai la conviction que la réconciliation des citoyens et de l'Union Européenne passe par les parlements nationaux. Jusqu'à présent, ils ont été les grands perdants de la construction européenne, la fonction législative étant en partie transférée à Bruxelles.

 

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C'est une banalité de dire que l'Union Européenne reste pour beaucoup de citoyens un objet politique froid et mal identifié. Bien loin de leurs préoccupations. Chaque référendum perdu, en France, aux Pays-Bas ou en Irlande, en est la démonstration.

 

Il ne faut pas contourner les parlements nationaux ou faire abstraction d'eux. Il faut les impliquer davantage.


Il ne s'agit pas d'opposer les travaux des députés nationaux à ceux des eurodéputés. Il s'agit de les rendre complémentaires.

Il n'est plus possible que nous, députés nationaux, transposions des directives les yeux fermés, sans avoir été consultés en amont.

 

Certes, il existe de multiples instances de concertation dans le processus de décision européen mais force est de constater que ce dernier correspond plus au mode de travail de lobbys et des administrations qu'à celui des assemblées parlementaires.

 

Les autorités européennes ne peuvent plus considérer qu'il suffit d'un débat au Parlement européen pour donner une résonance aux décisions discutées dans les 27 pays de l'Union européenne. Sinon, elles ne pourront plus s'étonner des levées de bouclier lorsque surgissent la directive Bolkestein et son «plombier polonais», à quelques semaines du référendum sur le traité de Lisbonne. Ou des réactions de rejet lorsqu'on raconte aux Français que pour l'Europe, le rosé est un mélange de vin rouge et de vin blanc.
 

Force est de constater que l'échelon du débat démocratique reste aujourd'hui la nation. Il ne faut pas donc contourner les parlements nationaux ou faire abstraction d'eux. Il faut les impliquer davantage. A minima pour qu'ils soient les relais de ce qui se passe à Bruxelles. Mieux, pour qu'ils puissent donner leur avis et participer à la préparation des projets les plus importants. Bref, pour qu'ils fassent de la «coproduction européenne ».

 

C'est dans cet esprit que j'ai lancé le Club des 27, qui rassemble les représentants des groupes de droite et de centre-droit des 27 parlements nationaux de l'Union Européenne. Notre but est de travailler ensemble sur les enjeux européens, vus par les députés nationaux. Avec une obsession : prendre en compte les préoccupations de nos citoyens et valoriser une Europe des solutions et des projets.